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Akademie der Wissenschaften zu Gelati
გელათის მეცნიერებათა აკადემია
Gelati Academy of Sciences


M.F. Brossets Beschreibung
des mutmaßlichen Grabmals Davids des Erbauers

M.-F. Brosset's account
of the alleged tomb of king David the Builder


Sépulture de David-le-Réparateur


      Au S. E. de la principale église est une simple mais grande chapelle, dont j'ai omis de faire prendre les dimensions, qui paraît contenu au moins quatre ou cinq tombes. La première, la seule qui ait une inscription, celle qui passe pour renfermer les restes de David-le Réparateur, est couverte d'une pierre de grande dimension, ou est tracée en grandes lettres cette phrase déjà connue par l'ouvrage de M. Dubois, t. II, p. 182, et par mon travail, Mém. de l'Acad. t. IV, p. 358, et Pl. III, N. 7; elle est fort usée, parce que la chapelle, aujourd'hui négligée, sert de passage. Cet édifice, dans son état actuel, est divisé en deux moitiés presque égales. Vers le milieu, à gauche, en venant de l'O., est le battant en fer, avec inscription arabe, qui a été l'objet d'un excellent travail de M. Fraehn, Mém. de l.'Acad. t. III, p. 630, sqq. Ce battant a dix pieds de haut; les montants en sont réunis par sept traverses en fer, recouvertes de feuilles de tôle épaisse, assujetties par des clous. Quatre lignes de l'inscription sont tracées entre les 2e et 3e traverses; quatre, entre les 3e et 4e. Les deux traverses d'en bas sont dégarnies de leurs feuilles de tôle, le battant est aujourd'hui un peu enforcé dans le sol, et ne peut pivoter sur ses gonds; par en haut, il porte sur une poutre de bois vermoulue, ce qui n'a rien de surprenant, si, comme il y a lieu de le croire, elle n'a pas été changée depuis l'an 1139; soit 711 ans.


      Du côté opposé à celui où pose le battant, cette poutre était recouverte des lames de fer enlevées dans le bas de la porte et clouées l'une auprès de l'autre, et portait, en grandes lettre géorgiennes khoutzouri, repoussées, l'inscription dont M. Fraehn a publié une partie d'après des dessins de M. Barténief, et que je donnerai tout-à-l'heure.


      La voûte de la chapelle, couverte en dalles de pierres, s'étant lézardée, pour la soutenir, on imagina de construire un mur en moëllons, tout près des battants de fer, de façon á les masquer, en ne laissant libre qu'un espace à-peine suffisant pour enfoncer le bras; mais en haut, entre la poutre et le mur, la main peut seule entrer jusqu au poignet. On voit que ce mur n'appartient pas à la construction primitive, car les moëllons ne sont que juxtaposés auprès du mur capital. Les deux côtés de cette muraille secondaire ne sont pas égaux en largeur, et il existe entre eux un passage étroit. Voici une figure de la disposition des lieux:


a, petit autel;
b, pierre tumulaire du roi David;
cc1, muraille de soutènement, rajoutée;
d, battant de fer restant;
e, place de l'autre battant, qui croisait sur le premier;
.... vue de l'inscription géorgienne, après la construction du mur de soutènement.


      Lorsque l'on construisit la muraille qui masque aujourd'hui l'endroit du battant et l'inscription arabe, vue du bon côté, qui est en relief, on s'aperçut que l'on masquerait aussi l'inscription géorgienne clouée sur la traverse en bois, dont j'ai parlé; on enleva donc les feuilles de tôle du côté c1, qui en était le commencement, et on les cloua sur l'épaisseur de la muraille, puis sur la face libre, extérieure, de façon à la laisser se continuer sur la poutre; mais du côté c, on en couvrit une partie, et le reste fut cloué également sur l'épaisseur et sur la face en retour de cette partie de la muraille.
Voici maintenant ce qui reste de l'inscription géorgienne; elle a été copiée, au doigt et à l'oeil, par M. Mouslof, car ma vue ne me permettait pas de rien distinguer:


ႫႴႤ ႫႬႣ ႲႰႨ...1 ႬႠႬ ႨႣႠ ႠႰႶႭ ჃႠႣႠႤ ႱႩႠ2
ႫႭჃ3              4
ႪႱႠ ႫႤႴ ႡႨႱ... ႨႢ Ⴞ ႣႠ ႱႡႠႫႲႢႬ...Ⴋ...



      Les intervalles ici ménagés marquent la fin de chaque feuille de tôle, qui portaient chacune 3 ou 4 lettres.


      Je lis:


მეფე-მან დიმიტრი... არანი5 დაარღვია და ეს კარი              მუ
(წე)ლსა მეფობისა ...იგ, ხოლო დასაბამიტგან              მ              ა.


«Le roi Dimitri a saccagé l'Aran et ..... cette porte, en l'année 13e de son règne, ..4. depuis le commencement du monde.»


      On sait déjà bien positivement, par l'historien arménien Ciracos, qu'en 1139, un tremblement de terre ayant renversé la ville de Gandja, ou Elisavetpol, dans l'Aran, le roi Dimitri vint la piller et en emporta les portes chez lui. Or Dimitri succéda en 1125 à son père David-le-Réparateur, et conséquemment la 13e année de son règne tomba en 1138. Quant à l'année du monde, suivant le calcul grec, ce devait être 6646, et d'après le comput géorgien, 6742: ainsi, de toute façon, la lettre numérale géorgienne qui reste, Ⴋ, 40, devait se trouver parmi celles qui manquent.


      Les Annales géorgiennes ne disent nulle part que David-le-Réparateur se soit élevé jusqu'á Derbend, bien qu'en 1124 il ait battu le prince de cette ville, à Chabouran; aucune histoire non plus ne nous apprend que Derbend ait été au pouvoir de la dynastie des Béni-Chédad, régnant à Gandja, dont l'un, Chawir, fit fabriquer en 1063 ou 1064, la porte que l'on voit maintenant à Gélath. D'autre part, si les Annales se taisent sur ce fait particulier de la vie de Dimitri, il ne trouve rapporté par deux fois, avec tous ses détails, par un historien arménien presque contemporain, car Ciracos écrivait vers l'an 1260. Enfin le fait du tremblement de terre de Gandja, dans l'année indiquée, est attesté par plusieurs écrivains musulmans: ainsi tout se réunit pour appuyer le témoignage de l'inscription géorgienne, même dans l'état fruste où elle se trouve. Si jamais la poutre qui la porte est brisée, pour une réparation, c'est alors qu'il sera possible, sinon de la compléter, du moins d'y ajouter quelques mots. Toutes ces explications ont déjà été insérées, avec les détails nécessaires, dans le Journal de Saint-Pétersbourg, 16 mars 1847, et С.-Пбургскія вѣдом., 13 mars de la même année.




  1. Ici une feuille tout entière manque. [back / zurück]

  2. Ces trois lettres sont engagées entre la poutre et le mur c; on les a sentiés au tact; la partie inférieure de la feuille de la fer n'a pas été palpée, par oubli. [back / zurück]

  3. Ces trois lettres sont sur une feuille en retour, mais il doit manquer quelque chose entre elles et les précédentes. [back / zurück]

  4. Feuille isolée. [back / zurück]

  5. Quoique M. Mouslof ait écrit ნანი, je pense pouvoir proposer ici une légère correction, pour obtenir un nom propre: Ⴐ, que j'introduis et Ⴌ, qui est sur la copie, se prètent à cette permutation. [back / zurück]




(M.F. Brosset, Rapports sur un voyage archéologique dans la Géorgie et dans l'Arménie exécuté en 1847-1949 sous les auspices du Prince Vorontzof, Lieutenant du Caucase, St.-Pétersbourg 1851: Onzième rapport: Iméreth. - Kouthaïs et ses environs, p. 39 ff.)




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